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Gorée, l'île mémoire d'un lourd passé



21 Février 2018 - 10:11

Le terme "île" laisse souvent penser à un havre de paix, un paradis terrestre à la limite, des connotations qu’ils seraient difficiles d’associer à Gorée !

Situé à 4 km de Dakar, le site a longtemps subi les assauts répétés d’occupants "d’un autre genre" du fait de sa situation géopolitique. La convocation de l’histoire désigne le navigateur portugais Dinis Dias comme étant le premier étranger à avoir jeté l’ancre sur les côtes goréennes en 1444 qu’il va renommer “Palma” en remplacement de l’ancien nom Beer utilisé par les population locales.

Ensuite viendront les Hollandais en 1617 qui rebaptisent le site “Goede Reede” (la bonne rade) avant l’arrivée des français en 1677. Ces derniers y seront attaqués à leur tour par les anglais qui l’occuperont durant treize ans (1804-1817) avant de la leur restituer.

Sur place, le temps semble s’être arrêté : l’île est déclarée site historique depuis 1944 avec, à la clef, des mesures de sauvegardes rigoureuses. Aucune modification majeure n’est à signaler si ce n’est la réhabilitation et la restauration du site suivant les normes strictes dans l’unique dessein de garder intacte ce qui fut l’une des plus grandes scènes de “crime contre l’humanité”.


Bref historique

Son aspect isolé est loin d’être le seul élément qui le met en relief par rapport au reste du territoire national. L'île de Gorée traîne toujours, et ce, malgré le temps, les stigmates d’une barbarie inouïe exercée par l’Homme sur l’Homme.
Confetti au cœur de l'Atlantique nord, ce lopin de terre a pourtant su séduire, du fait de son accessibilité déconcertante, tous les grands explorateurs ce qui explique sans nul doute son nom “Goede Reede” ou encore la bonne rade qui évoluera pour donner Gorée.

L’île constituait la plaque tournante du commerce d’esclaves. Et ses occupants étrangers successifs se sont livrés une bataille sans merci pour avoir le contrôle de ce marché “juteux”. Ce qu’il faut néanmoins signaler, c’est que cette traite a été menée de concert avec les “rois négriers” de l’époque sous la tutelle des rois de France et d’Angleterre.

Beaucoup de captiveries étaient construites sur l’île pour accueillir momentanément les esclaves venus du fond du pays qui attendaient d’être acheminés vers l'Amérique.
La maison des esclaves de l’île de Gorée constitue la preuve matérielle de cette barbarie. Le site tympanise par son silence assourdissant ; les murs et les pièces étroites offrent un tableau idéal pour la peinture de l’horreur.

Durant trois siècles (du XVème et XIXème) les côtes africaines seront le théâtre de ce trafic d'Être humain qui a vu l’Afrique être dépeuplée de ses fils.
Des bilans font état de 15 à 20 millions d’esclaves vendus durant cette traite négrière. Ce coup dur porté à sa démographie continue toujours de se faire sentir. Et, depuis l’abolition de l’esclavage, Gorée ne se sépare pas de son passé qu’elle incarne.

Déclarée “île mémoire” mais aussi lieu de pèlerinage, Gorée est aujourd’hui un sanctuaire pour la réconciliation.
 


Un lieu qui attire les grands de ce monde

Il est difficile de définir avec exactitude le nombre de visiteurs qui se rendent sur l’île, des touristes du monde entier viennent s’ajouter chaque année au nombre d’autochtones qui se recueillent sur les lieux.

L’île, par sa symbolique, a enregistré la visite de grands noms qui ont marqué leur temps. Parmi eux, on peut citer Nelson Mandela, le Pape Jean Paul II, l’emblématique dirigeant palestinien Yasser Arafat, le Président Ivoirien Houphouët-Boigny... Les présidents américains Clinton, Bush et Obama y ont aussi fait escale.

Inscrite depuis 1975 sur la liste du patrimoine national, l’île de Gorée sera classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO en 1978.
Grâce à ses jumelages avec d’autres villes du monde comme Essaouira (Maroc), Drancy (France) et Saint Martinville en Louisiane aux Etats Unis, Gorée s’inscrit dans une dynamique de modernisation et d’ouverture.
 


Gorée et ses sites historiques

L’île de Gorée abrite une multitude de sites tous plus captivants les uns que les autres.


En premier lieu, insistons sur le fait que visiter l’île de Gorée sans faire un détour à la fameuse “maison des esclaves” rendrait votre pèlerinage insensé ! L’exploration de cette maison “mythique” est quelque chose “d’obligatoire” pour tout nouveau visiteur.

Cette ancienne demeure de la célèbre signare Anna Colas Périn abritait dans des pièces étroites (2,60m sur 2,60m) des esclaves entassées en partance pour l'Amérique.
Le tri était parfaitement orchestré pour obtenir trois catégories à savoir les hommes, les femmes et les enfants.
Les esclaves étaient enchaînés en permanence et ne pouvaient sortir qu’une seule fois par jour afin de pouvoir satisfaire leurs besoins.

Une fois l’accord convenu entre les négriers et les acheteurs, les esclaves empruntaient le fameux couloir qui mène à la “Porte sans retour". C’est en général à cet endroit que se terminent les visites guidées dans la “maison des esclaves”.

Son nom restera à jamais associé à celui de son emblématique conservateur Joseph Ndiaye (1922-2009). Avec son charisme débordant et sa voix feutrée, il a su faire à ses visiteurs, pendant quarante ans, le récit poignant du film des horreurs dont a été témoin cette maison.

Vous trouverez aussi l’Ancienne école William Ponty qui a eu à former bon nombre de cadres africains dont le Président Houphouêt Boigny. L’ancien bâti qui servait d’abri à l’école est aujourd'hui laissé à l’abandon sur la place du gouvernement.


Tout à l’ouest, vous pouvez accéder au Castel.
C’est sans nul doute l’un des points les plus élevés de l’île, sinon de la partie ouest du continent !
Son relief constituait un atout majeur pour la surveillance des côtes ce qui explique aussi parfaitement l’installation en 1907 d’un télémètre par les français. Ce dispositif visait à mesurer l’éloignement des navires ennemis afin de réussir un meilleur réglage des canons.
Avec une portée de 14 km, le canon installé de l’autre côté du Castel est celui qui a coulé, le 23 septembre 1940, un bateau anglais sous le règne de Vichy. Avant leur départ à la veille des indépendances, les français ont pris le soin de le rendre inutilisable.

 

Le mythe de Coumba Castel

Eponyme de l’une des plus célèbres chaloupe qui assure la navette entre l’île et le continent, Coumba Castel est l’esprit qui protège l’île.

Des récits rapportent que cette dernière se serait opposée aux différentes tentatives de construction d’un pont entre Dakar et l'île par les colons français.
A chaque fois que ceux ci réussissaient à bâtir un tronçon, ils le retrouvaient détruit le lendemain.
La principale suspecte n’est nulle autre que la protectrice des lieux qui expose fidèlement les ruines de ces chantiers sur les berges de l’île ! Avec cette chaloupe dédiée à son nom, elle contrôle donc l’accès à son territoire en assurant les entrées et les sorties de la majeure partie des visiteurs.
 


Un patrimoine en danger

Malgré sa classification comme patrimoine mondial de l’Unesco, l’île de Gorée est aujourd’hui plus que jamais menacée.
C’est en tout cas ce que constate la majeure partie de la population goréenne qui a lancé du coup un cri d'appel aux autorités locales ainsi qu’aux organismes internationaux pour assurer la sauvegarde du patrimoine.

Les restaurations entreprises sous le régime du Président Abdou Diouf semblent ne pas avoir longtemps résisté aux aléas du temps. Aujourd’hui, nombreux sont les édifices en état de délabrement très avancé.

Outre ce souhait de restauration et de réhabilitation, les défenseurs de l’île se sont regroupés au sein d’une association dénommée “Sauvons Gorée” en insistant sur le volet aménagement et assainissement de l’île. Car, si l’île accueille jusqu’à près de mille visiteurs par jour, elle ne dispose point de toilettes publiques.
L’absence de projet d’assainissement impute à l’environnement un sérieux coup avec une quantité exorbitante de déchets abandonnés par les visiteurs des lieux.

Et qui dit dégradation avancée des bâtiments, dit atteinte au cachet de l’île qui pourrait devenir une station balnéaire et perdre toute sa symbolique !
 


INFORMATIONS PRATIQUES

Pour accéder à l’île vous devrez vous rendre au port de Dakar et vous n’aurez pas de difficulté à trouver l’embarcadère. Toutefois, il est fortement conseillé, du fait de la forte affluence, d’être sur les lieux au moins 30 minutes avant l’embarquement.

La traversée s’effectue par chaloupe ( le Coumba Castel/ Augustin Elimane Ly/ Beer): les horaires ainsi que la tarification sont savamment établis par la direction du Port autonome. Pour ceux qui souhaitent visiter l’île, il est recommandé de s’y rendre très tôt, car la visite peut tirer en longueur.

Horaires de la traversée en semaine :

  • Départ du port de Dakar: 06h15; 07h30; 10h00; 11h00; 12h30; 14h30; 16h00; 17h00 (sauf samedi); 18h30; 20h00; 22h30; 23h30 le vendredi ; 00h45 le samedi
  • Départ de Gorée: 06h45; 08h00; 10h30; 12h00; 14h00; 15h00; 16h30; 18h00 (sauf samedi); 19h00; 20h30; 23h00; 00h00 le vendredi; 01h15 le samedi
Horaires de la traversée dimanches et jours fériés :
  • Départ du port de Dakar: 07h00; 09h00; 10h00; 12h00; 14h00; 16h00; 17h00; 18h30; 19h30; 20h30; 22h30; 23h30 (dimanche et veille jours fériés)
  • Départ de Gorée: 07h30; 09h30; 10h30; 12h30; 14h30; 16h30; 17h30; 19h00; 20h00; 21h00; 23h00; 00h00 (dimanche et veille jours fériés)


Tarifs de la traversée:

  • Carte de séjour: 15.000 F CFA / Chaloupe spéciale​: 1.750.000 F CFA​
  • ​​Groupe scolaire primaire​: 400 F CFA / ​Groupe scolaire secondaire: 1.200 F CFA
  • ​​Non résident Afrique adulte: 5.200 F CFA / Non résident Afrique enfant: 2.700 F CFA​
  • ​Résident sénégalais adulte: 1.500 F CFA / Résident sénégalais enfant: 500 F CFA​
  • Résident Afrique adulte: 2.700 F CFA / Résident Afrique enfant: 1.700 F CFA
 



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