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Le pont Faidherbe, ce trait d’union métallique qui nous rattache à un passé colonial



7 Juin 2018 - 14:49

Avec une géographie particulière constituée notamment de trois bandes de terres séparées par le grand bleu, la ville de Saint-Louis fut la première capitale de l’AOF et celle du Sénégal.
Pour réussir le dialogue entre ces trois entités terrestres, il fallait un dénominateur commun autre que le versant lingual.
Dans cette perspective, l’administration coloniale française entreprit en 1897 la construction du pont de Saint-Louis baptisé au nom du gouverneur d'antan Louis Faidherbe.


Une alternative pour succéder au trafic fluvial

Le pont Faidherbe, ce trait d’union métallique qui nous rattache à un passé colonial
L’homme doit s’adapter au milieu aussi hostile qu'il soit a-t-on l’habitude de dire. Avant l’avènement du pont Faidherbe, la mobilité des populations saint-louisiennes était assurée par des pirogues qui desservaient l’île.

Une méthode qui montrera ses limites avec l’accroissement exponentiel et rapide du commerce dans la capitale du nord.

En guise de palliatif, le gouverneur du Sénégal avait procédé à l’inauguration d’un bac le 10 juin 1858 baptisé le Rouet Ville.
Avec une plus grande capacité que les pirogues, le bac pouvait transporter à son bord plus de 150 passagers y compris des marchandises et le bétail aussi et ce pour les dix rotations effectuées par jour.

Malgré bientôt un second bac et une chaloupe pour une meilleure mobilité, la demande ne cessait de s'accroître.

Basée à Saint-Louis, la colonne des spahis se devait d’être mobile pour assurer la sécurité, l’ordre dans tout le territoire mais aussi être dans les dispositions pour parer à toutes éventualités.

Par conséquent, l’administration se voyait obligée de mettre sur place une solution structurelle pérenne. Cette dernière ne porte pas forcément la signature de Louis Faidherbe d’autant plus qu’elle a été initiée par son remplaçant le temps d’un bref séjour en France.

 


Du jamais-vu, un pont flottant !

Une fois la requête du Capitaine Robin validée, il fallait procéder dès lors à la matérialisation du chef d’œuvre. Pour une première fois au Sénégal, allait se construire un pont d'envergure et de surcroît flottant !!!

Ce dernier était composé de 40 pontons fabriqués en tôle et pesant chacun 4 tonnes et sur lesquels était déposé un tablier en bois.

La construction du pont devait prendre en considération le trafic maritime qui continuait à avoir son importance dans cette partie du pays. Il fallait donc imaginer une solution pour ne pas obstruer la libre circulation des navires.
Pour l’occasion, une “portière” constituée de trois pontons fut aménagée pour assurer le passage des navires. Les travaux dureront au total 5 années et se chiffreront à 400 000 f.

Le 2 juillet 1865 coïncidait avec l’inauguration du pont flottant de Saint-Louis assurant à l’île 32 années de bons et loyaux services.

 

Vers la réalisation d’un ouvrage fixe

Les années passèrent vite et des changements s’opérèrent à tous les niveaux impactant la vie des Saint-louisiens.

Désormais, la gouvernance du Sénégal était assurée par Henri-Félix de Lamothe qui proposa à l’Assemblée du conseil général de réfléchir à un possible emprunt visant à épurer les dettes de la colonie à l’endroit de la France mais aussi pour réaliser des travaux publics urgents.

Une requête favorablement traitée par les conseillers qui négocieront finalement un prêt estimé à cinq millions.

La construction d’un pont métallique reliant Saint-Louis à l'île de Sor était le projet nécessitant le plus d’investissement.

Dès lors un appel d’offres fut lancé à Paris par le ministère des colonies pour la construction du chantier. Cinq entreprises répondront à l’appel mais l’examen des dossiers de candidature permettra de n'en retenir que deux: il s’agit de NOUGUIER KESSLER & C°, ancienne maison JOLY, d’Argenteuil et de la Société de Construction de Levallois-Perret, anciens établissements EIFFEL.

Deux entreprises réputées dans la construction d’édifices publics. Et même si au départ la Commission du Conseil général en collaboration et la Commission technique compétente depuis Paris avaient porté leur choix sur Levallois-Perret, le marché sera quand même accordé à NOUGUIER KESSLER & C° après intervention du chef des Services de Travaux Publics de la Colonie considérant le projet de l’entreprise beaucoup plus intéressant du point de vue esthétique.

Les travaux se feront en trois ans et s’élèveront à 1 880 000 f.

 

Un ouvrage polémique

Lors de l'inauguration du pont Faidherbe en octobre 1897, Léon d’Erneville alors président du Conseil général tiendra un discours choc devant le Ministre des colonies André Lebon.

Le discours portait sur le financement des chantiers dont la paternité revenait entièrement à la colonie contrairement à ce que laissait penser la métropole.

L’autre mythe qui plane sur le pont de Saint-Louis est axé sur sa propriété réelle car d’aucuns attestent fortement que cet édifice était destiné à l’Indochine.

Un troisième mythe viendra se greffer à l’histoire. Cette fois-ci, c’est à propos de son auteur. Si les archives attribuent la paternité de l’ouvrage à NOUGUIER KESSLER & C°, il est quand même possible de voir, sur plusieurs guides touristiques, le nom de Gustave EIFFEL associé à l’édifice.

 

Réhabilité en 2008

Sous le magistère du président Abdoulaye Wade, le pont Faidherbe a subi de nouvelles réfections.

D’importants travaux ont rendu le trafic impossible sur l’édifice qui a été immobilisé pendant trois ans. Le pont rénové sera inauguré le 19 novembre 2011 et aura coûté 18 milliards de F CFA soit (27,5 millions d’euros), un financement alloué à l’Etat du Sénégal par l’Agence française de développement (AFD).

 

Le pont le plus léger au monde ?

Le titre de ce chapitre pourrait amener plus d’un à se lancer un défi de mathématicien pour peser la structure, hélas, cela n’en vaudra pas la peine.

Des rumeurs infondées alimentent cette hypothèse selon laquelle l’édifice serait le plus léger pont au monde.
Quoique l'assertion n'est peut-être pas tout à fait fausse puisqu'une vieille blague saint-louisienne laisse entendre qu’il serait “Fait d’herbe” (!).

 
Le pont Faidherbe, ce trait d’union métallique qui nous rattache à un passé colonial



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