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Le riz, un emblème national



La rédaction ILS
27 Novembre 2018 - 15:20

Au Sénégal, midi sonne l’heure du repas.
Instant de communion, en solo ou en groupe, silencieux ou dans un brouhaha total, toutes les formules sont permises autour de mets pour refaire le plein d’énergie et ainsi entamer de la meilleure des manières la seconde mi-temps de la journée.
Les recettes sénégalaises peuvent varier mais auront quasi toutes un dénominateur commun, un aliment de base : le riz.

Chacun y va de son appellation pour désigner cette céréale emblématique qui a su s’imposer dans toutes les concessions sénégalaises... braquons la lumière sur cet aliment indispensable de notre lexique culinaire à l’historique souvent méconnu.


D’où nous vient cet amour du riz ?


Pour une compréhension de cette question, il faut procéder à une réminiscence, re-convoquer l’histoire du Sénégal. L'interroger minutieusement permettra de constater l'origine de cette céréale: un héritage de la colonisation.

Avant l’arrivée des puissances étrangères, les Nations africaines avaient recours à la culture vivrière pour assurer leur survie. Les céréales constituant les aliments de base de cette époque étaient d’abord le mil, le sorgho, le maïs, le fonio.
Existait aussi un “riz sauvage” d’origine africaine cultivé dans les zones humides disposant de mares ou rivières comme c’était le cas en Sénégambie.

Avec son projet d’impérialisme colonial, l’administration française avait répandu ses tentacules dans le monde entier afin d’insuffler une nouvelle dynamique à sa propre économie.

Dès lors, le Sénégal a été, sous le joug de la puissance coloniale française, l’un des principaux approvisionneurs en arachide des huileries Marseillaises et Bordelaises situées en France en arachide, une culture qui continue jusqu’à nos jours.
Et pour que le Sénégal n’ait plus à produire du mil et du sorgho et se consacre davantage à la culture de l’arachide, destinée à la fabrication d’huile pour la métropole, on a commencé à faire manger aux Sénégalais du riz cassé, soit les brisures de riz en provenance du Vietnam, autre colonie française.

Aux lendemain des indépendances des pays africains, l’heure était au renouveau, l’autonomie tant proclamée était enfin “acquise”. Cependant le cordon ombilical avec l’ancienne puissance coloniale ne s’est pas rompu.
En dehors de la monnaie, des infrastructures publiques, des modes de vie, d’un réseau de transport ferroviaire, la France nous a aussi légué le riz même si ce sont les Portugais qui l’aurait introduite au 18ème siècle.

Aujourd’hui encore cette céréale s’est imposée dans toute l’étendue du territoire national. Au Sénégal, on ne touche pas à notre Constitution ou avec parcimonie, il n’est pas non plus conseillé de s’attaquer à nos aspirations religieuses mais ce qui, par-dessus tout, nous unit et nous identifie,  c’est notre amour et notre dévouement pour cette céréale !
 


Le riz, sujet politique

Nombreux sont les gouvernements coupés de leur population à cause de ce “riz” qui a longtemps fait “piailler” (allusion à sa destination d’origine : riz brisé et de qualité faible destinée aux oiseaux) bon nombre de chefs de famille.

La subtilité et l’habileté déconcertante dont ont souvent fait souvent preuve nos mamans ont fini par montrer l’utilité de cette céréale pour les Hommes d’où ce plat mythique: le “Thiébou djeun Penda Mbaye” (riz au poisson), notre plat national.

Il devient donc de plus en plus crucial de régler une bonne fois pour toute l’équation du riz au Sénégal.

Aujourd’hui, il n’apparaît pas envisageable d’envisager de divorce avec cette céréale mais plutôt, au contraire, d’une consolidation des liens séculaires qui existent entre cette céréale et le Sénégal.
Depuis une dizaine d’années, le concept d’autosuffisance en riz émane de la bouche de tous les gouvernants pour stopper définitivement les répercussions dont est victime le Sénégal du fait de l’instabilité du marché du riz.
 


Une filière locale en perpétuelle mutation

Aux lendemains des indépendances, l’administration coloniale a cédé la place à une équipe locale ayant comme tâche de définir une politique nationale prenant en considération l’ensemble des préoccupations majeures pour accéder au développement.

Le département de l’agriculture, plus particulièrement la filière rizicole, se portait à merveille tout juste après les indépendances.
Le contexte économique était taillé à la mesure de l’engagement étatique dans cette politique agricole.

S’en suivra une période de disette matérialisée notamment par une combinaison de facteurs les uns plus contraignants que les autres.

Si du point de vue économique, la stabilité des pays en voie de développement est perturbée par la crise de la dette, la dégringolade économique a imposé la libéralisation du secteur et le retrait de l’Etat dans la gestion de cette filière.
Et, comme si cela ne suffisait pas, la nature s’est déchaîné sur l’homme. Une rude période de sécheresse durant les années 1970 coïncident avec les fracassantes chutes des cours mondiaux des matières premières africaines.

Avec l’avènement de ce nouveau millénaire, il fallait envisager des moyens concrets pour endiguer ce sacré coup à notre économie.
 

Autosuffisance en riz = souveraineté alimentaire ?


Cet aliment de base à caractère stratégique suscite une multitude de propositions visant à rendre son autosuffisance réelle au Sénégal. Le monde est un vaste marché où chacun vient avec ses offres.La loi semble toujours dictée par les puissances mondiales alimentant les pays moins avancés en toutes sortes de matériaux.Pour un pays qui se réclame souverain, ne pas être en mesure de produire l’aliment de base qui soutient sa survie interpelle !

Avec une production locale couvrant seulement près de 30% de sa population, une libéralisation totale du secteur du riz en 1996 marquée par des importations massives, la question de l’autosuffisance en riz a préoccupé les politiques. Les plans se sont succédés depuis 20 ans.
Ayant pour horizon 2012, le Programme National d’Autosuffisance en Riz lancé par le Président Abdoulaye Wade s’inscrivait dans sa Grande Offensive Agricole pour la Nourriture et l’Abondance ( GOANA). Pourtant, un tour dans les boutiques suffit pour constater que le riz importé a toujours le vent en poupe même si le riz de la Vallée prend parfois sa place.

Aujourd'hui, des structures étatiques, des ONG et associations privées s’activent comme l’ISRA, la SAED, Africarice, ANCAR, OXFAM, le CNCAS pour l’autosuffisance.

Dans les joutes politiciennes, les chiffres de production du riz annoncés par le gouvernement sont incessamment déconstruits par l’opposition. Le Directeur Général de la SAED (la Société d’aménagement et d’exploitation des terres du delta du fleuve Sénégal et des vallées du Fleuve et de la Falémé), Samba Ndiobène Ka, a récemment dévoilé un chiffre de à 1 115 000 tonnes de riz produite en majorité au Nord du pays, un chiffre positif mais encore loin de satisfaire tous les besoins nationaux...
En effet, on parle là de riz paddy non décortiqué qui équivaut à environ 800 000 tonnes de riz blanc consommable alors que, bon an mal an, les importations de riz blanc sont de 900 000 tonnes chaque année.

Et pendant ce temps, quel sort est réservé à la culture vivrière qui a longtemps constitué le grenier de notre alimentation ?
Cette obsession ou cet entêtement à vouloir vaille que vaille atteindre l’autosuffisance en riz ne porte-t-elle pas préjudice à l’émancipation des autres céréales locales ?

Soulignons ici que le riz a des besoins en eau de même qu’en engrais et pesticides chimiques bien plus élevés que le mil, par exemple, céréale peu exigeante et résistante à la sécheresse !
 





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