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Le "suukeru koor"



Idrissa
11 Juin 2018 - 14:59

Le "suukeru koor", une pratique culturelle ancienne accomplie durant le mois béni de ramadan, est devenu de nos jours un casse- tête des jeunes femmes sénégalaises.


Le jeûne légal est un rite obligatoire prescrit par le Coran. Il fait partie des cinq  piliers de l’Islam. Il se déroule durant le mois de ramadan, 9ème mois du calendrier hégirien. Il fut institué en 624, soit l’an 2 de l’Hégire.

La révélation du Coran commença au cours du mois de Ramadan. C’est le seul mois cité dans le Coran. Durant ce mois, Dieu révéla le texte sacré dans sa totalité à l’ange Gabriel et, à son tour, il le communiqua graduellement, au gré des évènements, au Prophète pendant près de vingt-trois ans.

Le jeûne consiste à manger et  boire, jusqu’au moment où un fil blanc peut être distingué d’un fil noir, à l’aube. Après quoi, observez un jeûne complet jusqu’à la période de rupture.

Le mois béni de ramadan consolide l’unité et la solidarité familiale. Les heures de  ruptures restent  des moments  de partage, de convivialité, d’hospitalité et de générosité. Celui qui fait le jeûne de ramadan avec foi et espérance obtiendra le pardon de ses fautes passées. Par ailleurs, le  jeûne permet la purification de l’esprit et du cœur. Il purifie aussi le corps.

Le prophète a dit :

" La meilleure charité est celle accomplie pendant le Ramadân. " ;

 

" Qui donne à un jeûneur de quoi rompre (son jeûne) a la même récompense que lui, sans que rien ne soit diminué de la récompense du jeûneur. » ; « Qui donne à manger et à boire à quelqu’un qui jeûne, d’un bien licitement acquis, les anges ne cessent de prier pour lui durant le Ramadân. "


Le mois béni de ramadan, un mois de pardon, de recueillement, de partage et de solidarité, hante le sommeil des jeunes femmes mariées. La pratique du "suukeru koor", new look, des temps modernes, en est la principale cause

Au Sénégal, certaines pratiques païennes, comme le "yeelu maam" (dons symboliques faits aux grands parents), à l’occasion de cérémonies familiales, le "tanku njëkk" (dons en nature ou en espèces offerts  à la sœur du marié, durant le baptême de son enfant), sont considérés souvent comme  parties intégrantes de la religion islamique, le "suukeru koor" idem.
En effet, le  "suukeru koor", dans ses pratiques originelles, servait à cimenter les relations entre une  femme mariée et sa belle famille. La pratique consistait à la belle fille d’apporter du sucre et des dattes, ou de préparer un repas copieux à sa belle famille dans la mesure de ses moyens.
Une manière de rechercher l’estime, la bénédiction et l’adoration de la belle famille et de  sceller davantage ses liens de mariage.

Les grandes surfaces, les superettes et des particuliers ont tellement compris les enjeux de cette pratique qu’ils  ont développé  un business consistant en la vente de paniers de "ndogu".
Il s’agit de paniers conçus pour contenir divers produits alimentaires utiles et nécessaires pour la rupture du jeûne. Cette opportunité permet de satisfaire les besoins de la clientèle, en fonction de leurs bourses.

De nos jours, la pratique a malheureusement  pris une autre tournure et  hante le sommeil de bien de jeunes femmes mariées; même les plus âgées ne sont pas épargnées. Le  "suukeru koor" est devenu un évènement des temps modernes, surmédiatisé et surdimensionné par une certaine catégorie de femmes se réclamant d’une certain lignée et qui font étalage de leur aisance et rang social.
 


Ainsi la bonne pratique, la pratique culturelle de jadis, perd de sa valeur et devient du folklore, un dada des sénégalaises

Le "suukeru koor", new look,  consiste à organiser tout  un cérémonial et offrir à la belle famille et à ses démembrements des valises remplies de tissus à la mode, des bijoux précieux, des liasses de billets de banque le tout agrémenté par des  repas préparés et servis par des traiteurs recrutés pour la circonstance si ce ne sont des billets ou des promesses d’un voyage aux lieux saints de la Mecque.

Malheur aux sénégalaises sans ressources qui auraient bien voulu s’inviter à la danse. Elles sont fragilisées et font la risée des belles familles et de l’entourage immédiat. Elles n’ont que leurs yeux pour pleurer. Leurs ménages sont souvent déstabilisés si leurs maris ne font pas preuve de caractères et de compréhension en mettant la main à la poche, souvent trouée.

Le problème est d’autant plus exacerbé, quand deux co- épouses, soit disant loties, font leur show dans l’arène avec chacune son manager, son coach, son fans club et ses griottes et griots, spécialistes en la matière.
Lesquels se bousculent et font tout pour s’accaparer du micro et le conserver le plus  longtemps possible pour se faire prévaloir et  recevoir en retour des billets de banque flambant neufs.
Alors, bonjour  les louanges, les démonstrations de force, les quolibets, les invectives, les danses malsaines et les tapages nocturnes,. A l’issue de ces combats, seules les belles familles sortent vainqueurs et en redemandent.  

Encore une nouvelle trouvaille.
Le "suukeru koor" s’invite désormais dans la politique. Pour ce faire, il est utilisé comme un instrument de mobilisation sociale, une manière de récompenser les fidèles, parmi les fidèles et de lancer des ballons de sondes aux détracteurs et aux non- partisans.  

La question à se poser est de savoir ce qu’il adviendra du "suukeru koor",
par ces temps modernes et pour les générations futures...




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