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Les accidents de la route sont en train de décimer la population Sénégalaise



Idrissa
23 Mai 2018 - 11:05

Une mémoire très courte, une réaction très éphémère, et des comportements bien sénégalais !


Les accidents de la route ont causé 2 261 décès en 4 ans
Les accidents de la route ont causé 2 261 décès en 4 ans

Comment oublier le chavirement du bateau le ‘’Joola’’, survenu, dans la nuit du 26 septembre 2002, au large des côtes gambiennes ?

Ce bateau assurait la liaison entre Dakar et Ziguinchor. En effet, le vieux bateau ‘’Joola’’, avec près de 2 000 passagers à son bord, pour une capacité de 552, non compris le lot de marchandises transportés (véhicules et  camions et autres), a coulé à 40 km au large des côtes Gambiennes.  Ce drame, qui a fait plus de 2 000 victimes en 2002, est encore vivant dans nos cœurs et dans nos esprits. Il est vite oublié et rangé aux oubliettes, les cérémonies annuelles de commémoration organisées ont des relents politiques et ressemblent à du folklore. Seize ans après le drame, le volet judiciaire est encore au point mort.

A-t-on tiré les enseignements ? Bien sûr que non !

Nos routes sont devenues meurtrières et font pire que le ‘’Joola’’ malgré les nombreuses campagnes de prévention et de sensibilisation sur les dangers de la route. Et bien d’autres catastrophes sont à redouter si nous ne faisons pas notre introspection et si nous ne changeons pas nos mentalités, nos comportements et notre mode de gouvernance.
 


Les années 2000 battent les records guinness des accidents de la route


Selon le rapport du Directeur des Transports routiers du Sénégal sur la Sécurité routière au Sénégal publié en février 2017,  les accidents de la route ont causé 2 261 décès en 4 ans répartis ainsi : 570 décès en 2013 ; 518 décès en 2014 ; 569 décès en 2015 et 604 décès en 2016. Ces accidents de la route ont lieu principalement la nuit. 90 % des accidents de la route sont dus au comportement humain, 7 % à l’état des véhicules et les 3 % restants à l’état des routes. Ce même rapport indique que l’insécurité routière coûte au moins 163 milliards de FCFA par an au Sénégal, soit 2% de son PIB.

En termes de comportement humain : qui ne se rappelle pas encore, l’image désolante et choquante, du chauffeur de taxi, roulant sur le passage piéton de la passerelle de Cambérène

Lequel comportement montre à quel point, nos conducteurs sont indisciplinés et irrespectueux des lois et des règlements en vigueur dans notre pays.

Les grands événements religieux paient le plus lourd tribut


Les cérémonies religieuses sont des moments redoutés par le commun des sénégalais. Ils le sont car, durant les grands événements religieux, comme le Grand Magal de Touba et le Gamou de Tivaouane, de nombreux accidents de la circulation ont lieu occasionnant  des dizaines de morts et des centaines de blessés.

Pour preuve, selon la brigade nationale des sapeurs pompiers, le Magal de Touba de l’année dernière, a enregistré plus d’une quarantaine de décès, et le Gamou de Tivaouane n’a fait cette fois-ci que 4 victimes, une performance à saluer. Le bilan des accidents du Magal de Porokhane de cette année est lui lourd: le nombre de victimes se situe entre 16 et 20 personnes selon le journal l’AS.
 

SOS sur l’autoroute à péage

L’autoroute à péage défraie la chronique. D’un coût de construction excessif, avec les tarifs les plus chers au monde, ce projet innovant et structurant, ne présente pas toutes les garanties de sécurité. Après le motard Gora Thiam qui avait mortellement heurté une vache en pleine nuit, le leader du groupe musical sénégalais "Gélongal", Papis a trouvé la mort dans les mêmes circonstances sur l’autoroute à péage, le 5 mai 2018.

L’obscurité totale, sur un tronçon de l’autoroute et la divagation des animaux, ont occasionné ces pertes en vie humaine.

A quelque chose malheur est bon, cet accident a servi de prétexte, à nos gouvernants, pour aborder frontalement les problématiques de l’autoroute à péage. Selon l’Agence de presse sénégalaise, le Président de la République Macky Sall, pour juguler le mal, s’est exprimé en ces termes

"J’engage le gouvernement à hâter le pas sur la révision de la concession de l’autoroute et la nécessité de révision des tarifs de l’autoroute à péage".


Le Président Macky Sall, après avoir présenté les condoléances de la nation à la famille de la victime et au monde de la culture, a déclaré.

"Nous sommes interpellés sur la nécessité absolue de sécuriser le parcours de l’autoroute à péage. Il n’est pas possible de laisser des animaux transpercer le dispositif de sécurité. J’engage le gouvernement à prendre toutes les dispositions pour que pareils accidents ne puissent se reproduire sur l’autoroute à péage."  


Alors que les  larmes n’ont pas encore séché, suite au décès de l’artiste Papis de "Gélongal", l’autoroute à péage fait parler encore d’elle. En effet, un italien, patron de l'entreprise ITALIA, y a encore rendu l’âme, 15 jours après, dans la nuit du 20 au 21 mai 2018. Ce dernier a cogné un camion par derrière entre 00h et 01h du matin. L'absence d'éclairage est pointée du doigt, comme la principale raison. En effet, le poids lourd roulait sur une autoroute très sombre, sans feux de signalisation.  

Espérons que les propos du Chef de l’Etat, ne sont pas des vains mots, et que son gouvernement saurait les traduire en actes concrets, afin de ne pas allonger la liste des victimes.


"Tolérance zéro", slogan ou volonté politique réelle


Malgré les nombreuses campagnes de prévention et de sensibilisation, les routes du Sénégal restent encore très meurtrières. Le laxisme a trop duré. Pour combattre ce  fléau, seules des sanctions musclées peuvent faire rétablir l’ordre public!

Par ailleurs, le renouvellement global du parc automobile s’impose, à cause des carcasses de véhicules circulant encore sur nos routes. Il y a de quoi de se poser la question de savoir, où se trouvent les autorités de ce pays. En effet, les citoyens ont raison de s’inquiéter quand les visites techniques sont délivrées comme de petits pains, la corruption érigée en règle, les actes d’indiscipline non sanctionnés.

Quant à lui, le projet de renouvellement du transport urbain, démarré en 2005, traîne encore en longueur.  A ce jour, seuls 1 607 cars rapides et  ‘’Ndiaga Ndiaye’’ ont été remplacés au niveau de Dakar, soit 60% du parc automobile de transport en commun selon Aubin Jules Marcel Sagna, secrétaire général du ministère des Infrastructures et des Transports.

Devant le nombre sans cesse croissant des accidents sur nos routes et les pertes en vies humaines importantes engendrées chaque année, le Chef de l’Etat, lors de la cérémonie de lancement des travaux du TER, s’est exprimé en ces termes :
"Je m’incline devant la mémoire des victimes des accidents. Et je dis au gouvernement de prendre toutes les mesures qu’impose la gravité de la situation. Sur le contrôle technique des véhicules, avec une tolérance zéro, sur le respect dans la délivrance des permis de conduire et sur le contrôle permanent de la route, de jour comme de nuit, afin de réduire de façon significative ces accidents mortels qui sont inacceptables pour un pays qui se veut en développement."

Le diagnostic pertinent et non-complaisant de la situation fait par le premier des sénégalais est resté sans suite et assimilé à de vaines paroles.

Les récidives et les comportements des conducteurs, semblent narguer le Chef de l’Etat. Ses instructions sont tombées dans l’oreille d’un sourd. En effet, un an après ses bonnes intentions, la situation ne fait qu’empirer. La machine gouvernementale a encore failli. Les priorités étaient peut-être ailleurs.
 

Autorités de ce pays, agissez pendant qu’il est encore temps. Les accidents de la route sont en train de décimer votre population. Assez de semaines de préventions routières, assez de sensibilisations, assez de négociations, passez maintenant aux actes.


Les pouvoirs publics sont dans l’expectative et hésitent à prendre leurs responsabilités. Les quelques mesures préventives entre autres avancées relatives au permis à point et l’interdiction de la circulation interurbaine entre 22 heures et 6 heures du matin, ne satisfont pas certains syndicats de transports et des personnes reconnues dans ce milieu.

Ces acteurs du transport urbain et interurbain disent vertement "Niet" à l’application de telles mesures. Un défi est ainsi lancé aux pouvoirs publics et à leur ministre de tutelle. Pour se déculpabiliser, ces acteurs indexent l’étroitesse et l’état cahoteux des routes, de même que la vétusté du parc automobile.

Ces supposés intouchables, ne cessent de brandir, à l’endroit des autorités, des menaces de grèves comme arme de guerre. Les réactions de ces dernières sont jugées timides et éphémères alors que le mal persiste et s’amplifie. En effet, les accidents de la route, ne cessent de progresser chaque année avec leur lot de malheurs malgré les améliorations apportées par les pouvoirs publics relatives à la réfection, au bitumage et à la construction de nouvelles routes.
 



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