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Mame Madior Boye, la première Premier Ministre



La rédaction ILS
17 Octobre 2018 - 10:16


En 2000 le Sénégal venait de connaître sa première alternance avec l’avènement d’Abdoulaye Wade à la tête du pays.
Une nouvelle ère venait de s’ouvrir pour le Sénégal accompagnée d’une vague de promesses suscitant l’espoir de tout un peuple. Et cette entreprise devait être menée par des hommes et des femmes chargés d’exécuter ou de faire exécuter la vision d’un Président.

Parmi ces derniers le nom d’une dame raisonne encore sur la conscience des Sénégalais : Mame Madior Boye. C’est elle qui a succédé à Moustapha Niasse à la primature, la première de son genre à occuper une pareille fonction au Sénégal.
 


Retour sur le parcours d’une juriste


“Les tonneaux vides font beaucoup de bruit”, cette acception semble être taillée à la mesure des politiciens déchus à une exception près : celle de Mame Madior Boye.
Celle qui aura siégé à la primature de mars 2001 à novembre 2002 n’a rien à voir avec cette classe politique.
Au contraire, elle s’en distingue, s’en démarque et s’en écarte ! Une position responsable digne d’une femme d’Etat s’expliquant sans doute par son parcours exceptionnellement riche.

Saint Louis, l’ancienne capitale du Sénégal aux charmes redoutables, a longtemps doté le Sénégal de merveilles. Parmi celles-ci, une fée institutionnelle du nom de Mame Madior Boye.
Née en 1940 dans la capitale du nord, Mame Madior Boye est issue d’une famille de juristes. Avec un père greffier devenu huissier de justice, un frère procureur général près de la Cour suprême du Sénégal ainsi qu’un autre professeur de droit international privé avant de devenir Recteur de l’Université Dakar 1, Mame Madior Boye ne pouvait rêver mieux que d’évoluer dans le même sillage.

Une fois le bac en poche, elle quitte Saint-Louis pour s’inscrire à l’Université de Dakar à la faculté des sciences juridiques et politiques avant de rejoindre la capitale française où elle s’inscrit au Centre national d'études judiciaires (CNEJ) de Paris2, actuelle École Nationale de la Magistrature.
Sa formation de juriste lui vaudra sa nomination en tant que substitut du procureur de la République avant de devenir première vice-présidente du tribunal régional de première classe de Dakar puis présidente de chambre à la Cour d'appel.


Quand deux premiers ministres se suivent, le second se met au féminin

Mame Madior Boye, la première Premier Ministre


Moustapha Niasse a été le premier occupant de la primature sous l’ère Wade. En ces temps, Mame Madior Boye était garde des Sceaux, un département qu’elle quittera au bout de quelques mois pour devenir chef du gouvernement du Sénégal suite aux désaccords entre Wade et Niasse ayant causé l’éjection de ce dernier de l’appareil étatique.
Une nomination exceptionnelle parce qu'inédite : c’était une première au Sénégal et la troisième fois en Afrique.

Aucun schéma politique ne se traçait pourtant en ce sens même si certains voyaient un clin d’oeil à l’endroit de la junte féminine en vue des législatives d’avril 2001. Mame Madior Boye ne s’identifiait à aucune formation politique et appartenait à la société civile.

Dans son gouvernement de 28 membres, elle accordera 4 sièges aux femmes posant ainsi les 1ers jalons d’une nouvelle avancée vers l'égalité entre sexe matérialisée notamment par la fameuse loi sur la parité.
 


Une féministe de la “première” heure


Le chiffre « premier » semble être destiné à Mame Madior Boye. Première femme premier ministre du Sénégal, son combat pour la cause féminine précède de loin sa nomination.

Une brève rétrospective permet de retracer son ancienne élection à la tête des juristes sénégalaises, association qu’elle fût la première aussi à diriger (1975-1990). Cette structure n’est en fait que le prolongement d’une entité (féminine) évoluant au sein de l’ASERJ (Association Sénégalaise d’Etudes et de Recherches Juridiques) pour une meilleure prise en charge des doléances des femmes.

Durant cette période, Mame madior Boye a œuvré de concert avec ses collègues femmes juristes dans le but de mieux prendre en charge la diffusion et la vulgarisation du travail des femmes ainsi que le respect de leurs droits.
 

Le Joola coule ; avec lui plus de 2000 âmes et le poste de premier ministre de Mame Madior Boye


La date du 26 septembre 2002 restera à jamais gravée dans la conscience de tous les Sénégalais. Le naufrage du Joola, bateau assurant la liaison maritime Dakar-Ziguinchor a été l’une des plus grandes catastrophes que le monde n’est jamais enregistré.

Une période critique qui a fait couler beaucoup de larmes mais aussi beaucoup d’encre et de salive. Un drame aux multiples équations engageant pleinement la responsabilité de l’Etat taxé pour l’occasion d’une grande négligence.

À l’époque, la liaison maritime était sous la responsabilité de l’Armée nationale dont le ministre de tutelle était incarné par Youba Sambou.

Avec Mame Madior Boye, ils seront tenus pour responsables de ce naufrage que beaucoup voyaient venir à cause de l’état défectueux du bateau.

Elle quittera donc son poste de Premier ministre le 4 novembre 2002 avant d’être nommée, en 2004, représentante spéciale du président de la Commission de l'Union africaine (UA) pour la promotion de la protection des civils dans les conflits armés.
Une nouvelle mission allait débuter pour Mame Madior Boye consistant à aller à la rencontre des victimes des conflits et des belligérants. Son périple commencera d'abord au Darfour (Soudan) et en République centrafricaine puis en Côte d'Ivoire, en République démocratique du Congo, au Rwanda, Burundi et enfin Ouganda.
En Guinée équatoriale, elle supervisera le processus électoral avec les observateurs internationaux.
 




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