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Rose Dieng Kuntz, étoile de l'intelligence sénégalaise



12 Juillet 2018 - 16:04

« Au niveau du futur, ma vision est celle d’un web de connaissances reliant individus, organisations, pays et continents.

Les travaux que nous visons pour améliorer la coopération entre entreprises et communautés via la constitution de « web de connaissances » sont en phase avec l’objectif visé par l’Europe d’évoluer d’une « société d’information » vers une « société de connaissances », ainsi parlait Rose Dieng-Kuntz, une scientifique sénégalaise spécialiste en intelligence artificielle.

Bien que peu connue au Sénégal, celle qui fut la directrice des recherches de l’INRIA (Institut National de Recherche en Intelligence Artificielle) draine pourtant un cursus élogieux au pays de la Teranga, terre qui l’a vu naître et qu’elle a honorée toute son existence durant.


Une merveille de l’éducation sénégalaise

Rose Dieng Kuntz, étoile de l'intelligence sénégalaise

“Pour l’amour d’une rose, le jardinier devient l’esclave de mille épines.”

Issue d’une famille de sept enfants, Rose Dieng a fait ses classes au Sénégal jusqu’à l’obtention de son Bac.

Elle s’est révélée au peuple sénégalais à l’occasion de la remise des distinctions du Concours Général de 1972.
Elle venait de décrocher son Baccalauréat série scientifique avec, s’il vous plaît, la mention Très Bien doublée des félicitations du jury.

La pensionnaire du Lycée Van Vollenhoven brillera de mille feux lors de cette cérémonie qui consacre l’excellence de l’éducation sénégalaise avec à la clef 4 prix: premier prix en Mathématiques ; premier prix en Français; premier prix en Latin, et second prix en Grec.
 


La plus belle des “Rose” de cette année fera la couverture des journaux en compagnie du président de la République de l’époque Léopold Sédar Senghor.

Influencée peut-être par ce dernier, Rose Dieng songeait à embrasser une carrière littéraire avant d’évoquer son amour pour la médecine.
Mais compte tenu de ses excellentes prouesses dans le domaine scientifique, ses professeurs lui suggèrent d’explorer la piste scientifique.

Bénéficiant d’une bourse d’études, intègre les classes préparatoires aux grandes écoles au lycée Fénelon à Paris, maths-sup, maths-spé, devenant du coup la première femme africaine à intégrer l’École Polytechnique (France).

 

Une valeur sûre de l'intelligentsia nationale

Du haut de ses 20 ans, le jeune prodige sénégalais découvre l’univers scolaire français en intégrant l’École Nationale Supérieure des Télécommunications d’où elle ressort avec un diplôme d’ingénieure.
Puis elle produira une thèse en informatique axée sur la spécification du parallélisme dans les programmes informatiques à l’Université Paris-Sud.
 


Armée d’un bagage intellectuel sûr, Rose Dieng intègre en 1985 l’INRIA (Institut National de Recherche en Intelligence Artificielle).

Sa passion démesurée pour les recherches axées notamment sur les systèmes d’acquisition, de gestion et de partage des connaissances témoigne largement du travail remarquable qu'abat Rose Dieng.
Elle est promue en 1992 en devenant directrice de recherche et responsable scientifique du projet « Acquisition des connaissances pour l’assistance à la conception par interaction entre agents » (ACACIA) à l’INRIA Sophia-Antipolis. Elle est alors la deuxième femme chef de projet au sein dudit institut.
 


Dans les années 1990, le monde découvre les merveilles de l’informatique avec l’avènement du Web en 1995.

Ce simulacre d'encyclopédie virtuelle anime et organise aussi la diffusion des connaissances.
C’est dans ce sillage qu’intervient le projet ACACIA dirigée par cette grande dame. Son ambition majeure était d'encourager la promotion de construction de serveurs de connaissances mais aussi de mémoire d’entreprise sur le Web.
Ce projet innovant sera vivement salué par la communauté scientifique avec pour obectif la mise en place d'un “ingénierie de connaissances” sur le Web.

La logique voudrait que le réel l’emporte sur l’artificiel pour maintenir l’ordre normal des choses. Cette Rose fanera cependant le 30 juin 2008 en France alors qu’elle n’avait que 52 ans.

 

Une intelligence universellement magnifiée

Nul n’est prophète chez soi. Au Sénégal, le nom de Rose Dieng-Kuntz reste peu connu du grand public. En effet, cette dernière a passé une grande partie de son existence en France tout en gardant sa nationalité sénégalaise.

La France, cette terre d’accueil, a encouragé l’éclosion de son talent et a tenu à célébrer l’intelligentsia de Rose Dieng-Kuntz.
En 2005, elle a été honorée du prix Irène-Joliot-Curie de femme scientifique de l'année. Un an plus tard, elle recevra la prestigieuse distinction de Chevalier de la Légion d’honneur.

Aujourd'hui, une rue dans le parc d'innovation de la Chantrerie, localisée dans la ville de Nantes, porte son nom ainsi qu’une place sur le campus Paris-Saclay et une annexe du lycée d'excellence Birago Diop au Golf Sud (Sénégal).

 



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