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SDE : la souveraineté ne se négocie pas



Idrissa
20 Février 2018 - 20:20

L’Etat du Sénégal, sous le régime socialiste, a procédé à une privatisation tout azimut des entreprises publiques.



Parmi celles-ci, celle de la SONES est intervenue en 1996. Elle a consisté en :
  • la création de la Société nationale des eaux du Sénégal (SONES). Il s’agit d’une Société de patrimoine, chargée de la production, la distribution d’eau potable et de l’assainissement des eaux usées.
  • A côté d’elle, la Sénégalaise des Eaux (SDE) a été créée à la même date pour assurer l'exploitation et gérer le service public de l'eau potable en milieu urbain, pour une durée de 10 ans, à la suite d'un appel d'offre international.
 
Pour information, la Sénégalaise des Eaux (SDE), filiale d'Eranove, l'un des leaders mondiaux de la gestion déléguée des services publics, assure la production et la distribution d'eau dans les principales villes sénégalaises soit près de quatre millions d'habitants desservis.
 
La SDE est donc de ce fait une société privée régie par un contrat d’affermage renouvelable par l’Etat du Sénégal. Elle détient 51% du capital, l’Etat du Sénégal en détient 5%, le restant étant détenu par des privés Sénégalais (39%) et les Agents de la SDE (5%).
 
Le Contrat d’affermage a connu après la première décennie, une série de prorogations, traduisant la volonté des Autorités Sénégalaises de préserver un système performant avec un acteur répondant à leurs attentes.
C'est ainsi que 4 avenants ont été paraphés de 2006 à maintenant. Le dernier en cours de validité est prorogé jusqu’au 31 décembre 2018.

De 1996 à nos jours, l’Etat du Sénégal, se satisfait donc de ce partenariat public privé dans le cadre de la réforme du sous-secteur de l'hydraulique urbain et accorde une totale confiance à la SDE.
 

SDE : la souveraineté ne se négocie pas

Les consommateurs, pour qui cette réforme est mise en œuvre, n’ont pas le même degré de satisfaction que les pouvoirs publics. La qualité des services offerts par ladite société ne les agrée point !


Pour preuve, les Sénégalais se rappellent encore et avec amertume, les désagréments survenus en 2003 à Keur Momar SARR.
En effet, la conduite de dédoublement de ladite localité a cessé d’acheminer de l’eau, à cause d’une rupture d’une conduite en forme de Y, que les hydrauliciens appellent « culotte ». Cet incident a assoiffé les populations de la capitale, mais aussi celles de beaucoup d’agglomérations urbaines traversées par la conduite du lac de Guiers, 3 semaines durant !

Une fois cette mésaventure douloureuse passée, la distribution du liquide précieux à Dakar et sa banlieue a connu encore de nombreux impairs.
Beaucoup de quartiers de la capitale connaissent très souvent des coupures intempestives d’eau. La situation vécue actuellement en est une parfaite illustration, des quartiers entiers de Dakar, sont en manque d’eau depuis 3 semaines.
 
Que de désagréments subis par des ménages qui ne savent plus à quel Saint se vouer !

Que de dépenses imprévues et coûteuses supportées par de braves goorgorlu !
 
Le ravitaillement des populations au moyen des camions citernes, comme solution de rechange, est-il une alternative efficace et efficiente ?
Encore faudrait-il que ces camions soient en nombre suffisant et fassent l’objet d’une bonne programmation...
 

Certains quartiers "privilégiés", qui peuvent se targuer d’être ravitaillés en eau, vivent un calvaire sans commune mesure


En effet, l’eau provenant des robinets est de très mauvaise qualité. Elle a une coloration étrange et, en sus de cela, elle dégage une odeur nauséabonde et présente un goût particulier.

L'eau, source de vie, mais également source de maladies, mérite un traitement de premier plan.

C’est la raison pour laquelle, les consommateurs, de la Médina, Aviation et Bira Ouakam, ont raison de s’inquiéter et de se faire entendre, à juste titre et à raison eu égard à la qualité de l’eau qui leur est servie.
Elles jugent cette eau impropre à la consommation.
 
Cette situation et ces désagréments ont des répercussions sur les finances des clients de la SDE car sources de dépenses imprévues et onéreuses et de corvées à la recherche du liquide vital.
 
A ces nuisances, il faudrait ajouter les coupures fréquentes, les lenteurs et les retards dans le rétablissement des coupures.

Et, malgré les ruptures souvent fréquentes de la fourniture en eau et leur durée, les factures des clients, elles, restent au même niveau ! 
 
 

Par ailleurs, la SDE ne communique pas assez


Les propos du Directeur de l’exploitation, par rapport à la qualité de l’eau sont les suivants « Notre surveillance ne nous a pas révélé de l’eau nauséabonde, mais plutôt de la turbidité et de la coloration ».
Il ajoute : « la raison de cette coloration de l’eau réside dans le fait que l’eau distribuée à Dakar provient, d’une part, du Lac de Guiers et, d’autre part, des forages de Pout et Dakar »

Poursuivant, M. Bâ soutient que « des forages contiennent une teneur en fer un peu élevé. De plus, les conduites venant du Lac de Guiers, ont connu deux fuites, ce qui a réduit leur apport de près de 40%. Cette situation a créé des manques d’eau dans plusieurs quartiers de Dakar mais elle a aussi augmenté la proportion d’eau ferrugineuse dans le réseau.
Il faut préciser que le fer en lui-même n’est pas une substance nocive. Mais dans certaines conditions, de circulation ou de stagnation de l’eau, il précipite et donne à l’eau une couleur rougeâtre à rouge »
.
 
M. Bâ explique par ailleurs que « les mesures de correction ont déjà été prises pour que la situation revienne à la normale. Lesquelles mesures consistent à renforcer le dispositif de surveillance du réseau, les purges des parties basses de ce réseau susceptibles d’accueillir les précipités de fer, et le renforcement de la désinfection du réseau ».
 

Les Associations de consommateurs ont-elles mesuré suffisamment mesuré l’ampleur des dégâts, tapé du poing sur la table et interpellé la SDE ?

Je ne suis pas très affirmatif.

A l’avenir, la démarche la plus sage et la plus crédible et qui rassure les consommateurs, consisterait, à ce que la SDE et les Associations de consommateurs coopèrent, chaque fois que de besoin, pour éclairer la lanterne des Sénégalais.

Pour ce faire, les deux entités devraient accepter le principe de sceller une collaboration dynamique, consistant à prélever ensemble des échantillons des eaux incriminées, faire faire leur analyse dans un laboratoire neutre, et publier les résultats dans un langage décodé.
Pour des soucis de transparence et de bonne foi, votre réponse devrait être : "oui ! nous adhérons à la démarche, c’est un moyen de nous crédibiliser davantage et de fortifier nos relations avec la clientèle."
 

Les différentes crises liées à la distribution de l’eau que nous traversons doivent nous permettre de tirer des enseignements majeurs

En ce sens, le patrimoine national, le bien commun, ne doit pas être bradé comme c’est le cas malheureusement, avec le téléphone, l’eau par exemple, et ce malgré les injonctions de la Banque Mondiale et du FMI.
 
Heureusement que la SENELEC, qui avait fait l’objet d’une privatisation est retombée dans le patrimoine national !

SDE : la souveraineté ne se négocie pas
Autre exemple, la privatisation de la Société nationale du commerce des oléagineux du Sénégal (SONACOS) a été un scandale.
Le terme n’est pas assez fort pour rendre compte que les autorités de l’époque ont cédé la société comme si elles se débarrassaient de la peste.

La valeur réelle de la Société a été presque divisée par trois, sans compter que le repreneur n’a pas respecté l’engagement principal pour lequel il a pu devenir propriétaire : à savoir investir 16,9 milliards en 5 ans.

Une perte de 21 milliards a été enregistrée entre 2005 et 2010.
A l’heure du bilan, le montant des investissements s’était arrêté à la moitié de ce qui était prévu, soit 8,4 milliards.

La SUNEOR, la plus grande industrie d’huilerie sénégalaise, a été rebaptisée SONACOS SA en juillet 2016 et est revenue dans le giron de l’Etat qui détient désormais 99,78 % des actions.

Des Sociétés de patrimoine, confiées à des Sénégalais d’ici et de la diaspora, compétents et crédibles, pourraient nous procurer bien des satisfactions et des retombées non négligeables sur les plans économique, financier et social, sans compter la fierté nationale retrouvée.

Mouhamadou Makhtar Cissé, DG SENELEC
Mouhamadou Makhtar Cissé, DG SENELEC
L’exemple de la SENELEC est assez illustratif.
Un manager sénégalais, apolitique, choisi uniquement pour ses compétences, son intégrité morale et son sens des responsabilités est en train de relever les défis de la performance et de la qualité des services malgré la situation désastreuse que la Société a connue.

Un exemple à méditer pour assurer notre dignité et faire valoir la qualité de nos ressources humaines !


A bon entendeur, salut.



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