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Un pays en perpétuelle campagne électorale



Idrissa
23 Mars 2018 - 11:20


Nos hommes politiques sont-ils des patriotes et se soucient-ils du mieux-être de leurs mandants ?


Finie l’année 2017,
adieu le référendum,
‘’good bye’’ aux élections législatives.

Bonjour aux élections présidentielles,
et puis ‘’ Assalamu alaykoum’’ aux élections locales de l’année 2019.
La campagne électorale a déjà pris son envol et de manière prématurée.
Le Sénégal va battre le record des élections. En effet, sept consultations citoyennes auront lieu pendant la période de 2012 à 2019, occasionnant  une campagne électorale perpétuelle.

La politique serait donc devenue un business florissant, un moyen de s’enrichir vite et bien.

Selon le rapport d'activité du ministère de l'intérieur, notre cher Sénégal, ce petit pays de 15 726 037 habitants , a atteint le nombre de 286 partis politiques et mouvements légalement constitués en 2017, battant presque le record mondial des formations politiques (la France, mauvais exemple également, a 451 partis en 2017 pour 4 fois plus d'habitants).

Il y a lieu de se poser LA question : quelle est la valeur ajoutée de ces partis dans la bonne marche du pays ?

Ces partis appelés ‘’yobaalema’’, ont à leur tête des  politiciens professionnels. Ces derniers, qui ne vivent que de leurs fonctions politiques ou de leur statut de chefs de partis, sont toujours dans la dynamique des alliances contre nature, s’ils ne migrent pas d’un parti à un autre ou entre les alliances, au plus disant.

Ces politiciens ont pris le pays en otages. Leurs faits et pratiques sont relatés quotidiennement par les médias, à la recherche du sensationnel et à des fins commerciales.

S’y ajoute l’administration sénégalaise faisant la fierté du pays, avec dans ses rangs des fonctionnaires reconnus, à travers le monde de par leurs compétences et intégrité morale, qui est en train de perdre de sa valeur et de sa renommée.
Le seul critère de nomination qui vaille actuellement est la coloration politique. Les nouveaux promus, ces protégés de la république, ces nouveaux riches, font montre d’une arrogance démesurée, une manière de rendre la pièce de la monnaie à leur bienfaiteur.

Les critères concernant la performance, la gestion sobre et vertueuse sont aux oubliettes. Les promotions et les sanctions se fondent dorénavant sur la mobilisation sociale et les performances électorales.
 

Les appétits suscités par les prochaines joutes électorales


La situation politique actuelle qui prévaut au Sénégal, ne saurait étonner personne à un an des élections présidentielles et locales.
En effet, l’actuel chef de l’Etat Macky Sall, candidat déclaré à sa propre succession, sera aux prises avec de sérieux prétendants comme Idrissa Seck, Malick Gackou, Issa Sall, Pape Diop, Aissata Tall Sall, Abdoulaye Baldé et sait-on jamais avec Khalifa Sall, Karim Wade voire d'autres prétendants.

Des jeunes prétentieux aux mains propres, avec de bonnes offres politiques, en bons outsiders pourraient créer la surprise.

Tous ces acteurs politiques ne nourrissent qu’une seule ambition: celle d’occuper le fauteuil de l’actuel locataire du palais.

Le deuxième enjeu de taille consiste à conquérir et gérer le pouvoir local. Cette compétition électorale va entraîner de facto le renouvellement des conseils régionaux et des conseils municipaux.
Les stations de maires et de présidents de conseil régional, en jeu, suscitent bien des appétits.
 

La politique, est-ce un sacerdoce ou un outil de promotion économique et sociale ?


Et si nos hommes politiques s’appropriaient la déclaration célèbre du président américain John Fitzgerald Kennedy « ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays ».

Si c’était le cas, le feu n’allait certainement pas couver entre le pouvoir et l’opposition, au sein des partis politiques et des coalitions de partis politiques, des ententes hors normes, fragiles parce que contre nature.
Les notions d’unité, de solidarité et de discipline, jadis érigées en règles, sont aux oubliettes. Les propositions des soi-disant commissions d’investitures crées pour la circonstance ou les arbitrages des chefs de partis, sont très souvent foulés du pied.
Car l’enrôlement sur les listes électorales, le positionnement sur ces mêmes listes électorales, sont sources de conflits.

Ces politiciens, mus uniquement par des intérêts crypto personnels, n’ont qu’un seul objectif: celui de goûter aux délices du pouvoir. Ainsi, des batailles rangées entre les frères d'hier ou des supposés associés d’antan voient le jour. Les polémiques et les propos discourtois font rage.

Le phénomène sera plus exacerbé, entre les partis au pouvoir et l’opposition, qui ne se font déjà pas de cadeaux et se livrent à une bataille, sans merci, pour occuper la scène politique et remporter la bataille de l’opinion. Les médias et les réseaux sociaux sont utilisés à outrance pour ce faire.
 

Les hommes politiques en mal de concertation et de compromis


La concertation nationale sur le processus électoral a accouché d’une souris. Ce cadre de travail aurait permis aux acteurs d’échanger, de dialoguer, de faire des compromis dynamiques, afin de déboucher sur des consensus forts.

Loin de là, le boycott des partis les plus représentatifs de la scène politique nationale a terni l’image de la concertation. Ces acteurs politiques dénotent un manque de volonté du chef de l’Etat et conditionnent leur participation à la libération inconditionnelle du député-maire de Dakar, Khalifa Sall.

A un moment donné du processus de concertation, le chef de l’Etat, pour rassurer les acteurs politiques, a dessaisi le Ministre de l’intérieur du dossier pour le confier à un ancien ambassadeur sans casquette politique. L’opposition représentative a refusé cette main tendue et a campé sur ses positions. Nonobstant cela, les travaux se sont poursuivis.

A l’arrivée, la concertation sur le processus électoral est un fiasco !
Les parties prenantes ne se sont pas accordées sur des questions clés comme  le parrainage, la caution et le bulletin unique.
Comme de coutume, l’arbitrage des parties en conflit, est laissé à l’appréciation du chef de l’Etat, chef de parti et de coalition de partis, encore un conflit d’intérêt latent, lequel risque d’envenimer la situation déjà délétère et de corser les ardeurs des uns et des autres.
 

La longue marche vers l’ascension et la gestion du pouvoir


Le jeu de ruse et la bataille rangée entre le pouvoir et l’opposition sont à leur paroxysme et augurent d’une campagne électorale très musclée.
Les états majors sont en pleine préparation, des directoires de campagne sont mis en place et des stratégies de conquête du pouvoir commencent à se faire jour.
Le Président de la république a tellement compris les enjeux d’une telle élection qu’il a pris la décision de s’entourer d’un conseiller en communication de nationalité française, une manière de peaufiner sa stratégie de communication, se donner du sang neuf et rompre avec la monotonie et la médiocrité.

Ses propres partisans ont cédé le terrain à l’opposition et leurs réponses et arguments politiques, par rapport à des interpellations politiques, se limitent à des invectives et des propos malsains, lesquels ne sont pas dignes de la bouche de nos gouvernants.

Espérons que la baguette magique de ce "sorcier blanc" permettra de donner un souffle nouveau à la communication du gouvernement en général et de son chef en particulier.
 

Les cérémonies culturelles, sportives et religieuses, des bouffées d’oxygène pour les hommes politiques


La course effrénée vers le pouvoir fait le bonheur d’une certaine catégorie de sénégalais qui sont en période de traite, une traite plus florissante que celle de l’arachide en cours.
Nous rendons hommage au caricaturiste, qui a su décortiquer à sa manière le système LMD, apparenté à "lutte, musique, danse".
Pour preuve, les adeptes de ces pratiques se la coulent douce. Les cérémonies de signatures de contrats de lutte, les face à face et les combats de luttes, proprement dits, se transforment en des meetings voilés, parrainages obligent.
En outre les grands champions de lutte, ces VIP très populaires, capables de drainer de grandes foules : fans et curieux, sont adulés et profitent des largesses des hommes politiques.
Ces derniers gagnent en retour en visibilité et proximité avec leurs militants.

La présence des ces forces de la nature, lors des finales des matches ‘’ navétanes ’’ et leurs apparitions dans les autres cérémonies publiques le prouvent aisément.

Les acteurs culturels, dont les musiciens en particulier, ont bien compris les enjeux et les opportunités d’affaires et ne veulent pas être en reste.
Ils profitent des anniversaires de leurs groupes, soit au grand théâtre, soit au théâtre Daniel Sorano pour arrondir les angles.

Les cérémonies des grandes familles religieuses sont également des lieux de convergence de toute la classe politique, en quête de reconnaissance et de bénédictions. Hé oui, tous les moyens sont bons pour se faire valoir, d’une part, et se frotter les mains d’autre part. 

Profitez bien de l’aubaine, la traite vient tout juste de démarrer

Hommes  politiques, sachez que notre cher ‘’ sunugaal ‘’, n’est pas à l’abri d’un naufrage. Pensez-y, pendant qu’il est temps !

A bon entendeur, salut

 



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