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Une renaissance africaine à scruter sur le toit du Sénégal



24 Mai 2018 - 15:00

L’image est saisissante, un groupe monumental constitué d’un homme soulevant avec un bras son enfant tout en tenant avec l’autre sa femme.

Long de 52 mètres et pesant 22 000 tonnes, le monument dédié à la renaissance africaine dont il porte le nom interpelle tant par sa hauteur que par son architecture.
A l’image de ce continent qu’il chérit tant au point d’en montrer les lendemains meilleurs à son fils, le Monument de la Renaissance Africaine traîne lui aussi un passé assez tumultueux.

Même si, aujourd'hui, il semble faire l’unanimité force est de constater que ce chef d’œuvre de l’ancien Président du Sénégal Abdoulaye Wade aura associé à sa construction réalisée en bronze et en cuivre beaucoup d’encre et de salive.


Une statue polysémique...

De visu, il est aisé de constater une famille constituée d’un père, d’un fils et d’une mère.

Les interprétations de cette statue évoluent en fonction des angles de perception.

L’interprétation fournie par l’auteur de cet ouvrage, à savoir le Président Abdoulaye Wade, se définit comme suit:
« L’homme, la femme et leur enfant feront face au soleil, symbolisant l’ouverture du continent au reste du monde.
C’est une force de propulsion et d’attraction dans la grandeur, la stabilité et la pérennité de l’Afrique ».

Pendant ce moment, d’autres certainement profanes se plairaient tout simplement à s'intéresser au volet commercial qu’incarne le monument qui reçoit nombre de visiteurs de tous horizons.

Cela participe ainsi à booster le secteur touristique et amplifie davantage la palette de carte postale de la capitale dakaroise.

Situé à Ouakam, un des villages traditionnels dakarois, le Monument de la Renaissance vient ajouter au Phare des Mamelles une grande visibilité à ce village urbain à forte habitation léboue.

 

... Mais aussi polémique

La conception de cet ouvrage a fait grincer beaucoup de dents. Force est de rappeler surtout le contexte de sa réalisation.

Le Sénégal était frappé de plein fouet par la crise économique. Tous les secteurs étaient paralysés et la demande sociale ne cessait de s’intensifier. Hausse des prix de denrées de premières nécessités, coupures intempestives d’électricité, système éducatif et sanitaire défaillant,... bref, tous les feux étaient au rouge pour le Sénégal.

C’est pourtant à cet instant même que le Président Wade décida de rendre réel son projet pharaonique en gestation depuis 2006.

En dehors des contestations économiques, le versant religieux a pesé aussi de tout son poids dans ces joutes entre le pouvoir et l’opposition appuyée par la société civile.
Dans un pays comportant près de 97% de musulmans dont les croyances bannissent totalement l’édification de ce type de monuments, il était aisé de deviner la frustration que pouvait susciter l’idée d’un pareil projet.
 


Déterminer à mener à bout cette mission, le Président Wade ne se lassera jamais d'opposer des contres offensives frisant même parfois le ridicule, en particulier lorsqu’il s’est attaqué à la communauté catholique l'accusant d’adorer une statue comme la sienne sans pour autant offusquer les musulmans !

Il s’en suivra une vague d’indignation de la part de catholiques imposant au Président Wade de s’excuser publiquement.
 


Ça sent le plagiat...

L’autre revers essuyé par cette idée de monument viendra de l’illustre sculpteur sénégalais Ousmane Sow. Ce dernier accusera le président Abdoulaye Wade d’avoir plagié son projet de construction d’une statue.

Au départ, explique Ousmane Sow, le projet s’intitulait “l’homme libre”. C’était en quelques sorte un hommage rendu “aux esclaves qui partaient de la Louisiane aux USA pour venir vers les Mamelles”, a expliqué Ousmane Sow.

La matérialisation concrète de cette idée devait normalement offrir une sculpture montrant un “homme qui tenait la main de sa femme tenant son bébé, le père sortait du volcan avec un pied sur le rebord du volcan. La maman et son bébé dedans.”

La statue du président Wade, quant à elle, semble maintenir les mêmes personnages mais avec une légère modification de scénario car ici il ne s’agit plus d’extirper qui que çe soit du volcan mais d’un couple se tenant sur un rocher tout en scrutant avec espoir les lendemains meilleurs du continent africain.

Le sculpteur la qualifiera d'acte ignoble et continuera, sa vie durant, de réclamer avec véhémence la paternité de cet édifice...
 


A combien se chiffre le prix d’une Renaissance ?

Le budget dégagé pour la conception de cet ouvrage est estimé à 15 milliards de F CFA soit près de 23 millions d’euros, une somme exorbitante pour la majorité des Sénégalais qui ne parviennent pas à vivre décemment.
Il fut construit avec l'aide de la Corée du Nord, régime dictatorial communiste pourtant loin des idéaux de l'homme politique libéral initiateur du Monument mais expert en statue colossale.

Si le Monument de la Renaissance désormais semble être inscrit au patrimoine sénégalais il n’en demeure pas moins que le Président Wade en réclama 35% des revenus au nom des Lois de la propriété intellectuelle !

Dans un entretien accordé en 2014 à la chaîne de télévision Africa 24, par Abdel Kader Fall alors administrateur du Monument de la Renaissance, ce dernier avait laissé entendre que les frais d’entretien du monument de la renaissance se chiffraient entre 50 et 70 millions de F CFA chaque mois.

Une somme gigantesque difficile à justifier auprès de la population locale.
Avec un capital estimé à 200 millions de F CFA, la répartition des parts accorde à l’Etat du Sénégal 55%, contre 15% à la Case des Tout-petits et le reste devant revenir à celui en réclamant la paternité, le Président Wade.

Ironie de l'histoire, la communauté léboue, propriétaire des terres, pourrait elle en revendiquer la propriété foncière puisque l'indemnisation négociée n'aurait toujours pas été intégralement versée à ce jour !

 

8 ans après son inauguration, il semble faire l’unanimité

Aujourd'hui on ne parle plus de manifestations contre cet édifice. Au contraire, les sénégalais (en l’occurrence les dakarois) semblent même se l’approprier petit à petit.

Sans doute qu’au fil des années, les angles de vision ont évolué et que le caractère premier du Monument lui a été restitué.
Car, au delà de sa taille et de son esthétique, le Monument de la Renaissance attire une multitude de touristes et de visiteurs (6 200) faisant du site l’un des plus visités du Sénégal.

Le site abrite de nombreuses manifestations culturelles et expositions. Il ne faut pas omettre le volet pédagogique qui lui est attribué occasionnant la visite d’écoles et instituts (près de 39 000 personnes)
Et nombreux sont les figures de la musique qui s'y produisent sous le chapiteau du théâtre de verdure au pied du Monument portant le nom de l'historien et philosophe Bakary Koné.

Ses pourfendeurs d’hier seraient-t-ils devenus ses plus grands défenseurs ?
La magie du temps a fini par bercer les ardeurs et autres tensions en offrant un timbre tout à fait nouveau à cet édifice cosmopolite.
 


Une renaissance africaine à scruter sur le toit du Sénégal

Ses 52 mètres de long abritent 4 étages dont la connexion est assurée par un réseau d'ascenseurs.

Sur les lieux, il vous est possible d’admirer une vue imprenable sur Dakar, une fois sur la tête du monument abritant le 15e étage. Le site propose ainsi un lieu de sérénité où vous pouvez sentir la douceur de la brise maritime.

Pour clore le tableau, s'y ajoute une boutique de souvenirs éparpillant des morceaux de Sénégal dans le monde entier.
 


INFORMATIONS UTILES :

Heures de visite : 9h - 19h45
 

Tarifs :

  • Enfant : 500 F CFA
  • Adulte visite simple : 1 000 F CFA
  • Adulte visite belvédère : 3 000 F CFA
  • Etranger adulte : 6 500 F CFA (10 Euros)
  • Etranger enfant : 3 250 F CFA (5 Euros)

 




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